De Mexico city à San cristobal de las Casas (Chiapas), Mexique.

Zipolite, Oaxaca, janvier 1994.

La vague mesure deux mètres et forme une rampe parfaite d’eau de jade, transparente. Boni et moi allons la prendre, et du « pit », là haut, nous apercevons Laurent qui boit une bière dans son hamac, à l’ombre de la palapa. Encore une semaine de ce paradis et nous partons pour le Yucatan.

Zipolite, Oaxaca, 23 janvier 2018.

La vague mesure deux mètres et forme une rampe parfaite d’eau de jade, transparente. Iban et moi allons la prendre, et du « pit », là haut, nous apercevons Céline et Amélie qui câlinent dans le hamac, a l’ombre de la palapa. Il y a des environnements immuables et d’autres qui évoluent.
J’ai retrouvé cette plage de Zipolite avec la peur sournoise d’être déçu. Le souvenir magnifique de ce lieu, que je cultive affectueusement depuis 24 ans, va se regarder en face, se confronter à la réalité et du coup, je crains qu’il ne s’en trouve abîmer. J’ai peur de moins aimer aujourd’hui ce que j’ai adoré hier. C’est tellement beau les beaux souvenirs !

Zipolite, Oaxaca, 27 janvier 2018.

Avant d’arriver ici, nous avons fait une escale de deux semaines pour profiter de Mexico la Ciudad, enchanteresse à bien des égards, et pour la visiter nous laissions Franky quelques jours à Teotihuacan, au camping. En effet, envisager d’entrer dans la capitale au volant d’un camion nous apparaît aussi risqué que pénible, à l’aller comme au retour ! En fait, après 40 minutes de bus et 20 de métro, nous étions au cœur de Mexico et là, nous louions une chambre dans un quartier choisi. Ainsi, pour retrouver notre pote Ale le plus aisément possible, nous avons loué à Condesa, le quartier de son enfance et où vivent encore ses parents. Il vient leur rendre visite comme chaque année, profitant de ses congès. Ce samedi là, nous avons visité La Casa Azul de Frida Khalo et Diego Riveira, maison musée s’il en est, chargée d’Histoire, de convictions, d’engagement et pourtant, si merveilleusement poétique.

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L’émotion fut encore plus vive lors de notre visite de la Casa Trotsky, trois rues plus loin, dans ce même quartier de Coyoacan. Ce fut l’ultime refuge de Léon Trotsky, bunker ultra sécurisé mais où malgré tout, Staline parvint à le faire assassiner. Il se trouve que nous avons lu, durant le voyage, un roman historique monumental sur l’exil de Trotsky, le parcours de son assassin, Ramon Mercader, et toute l’Histoire déchirante de la mise à mort des idéaux révolutionnaires, humanistes et anarchistes, par celui que Trotsky appelait « le fossoyeur de la révolution », Joseph Staline. Pour info, ce très beau roman s’appelle « L’homme qui aimait les chiens » de Leonardo Padura.


Ale a atterri à Mexico le samedi soir et dès le lendemain matin, Céline qui était partie chercher les croissants du p’titdèj, est revenue avec notre ami, croisé dans la rue. Parfait pour que nous allions discuter devant un bon café dans un bistrot du quartier.
Nous avons passé trois jours en sa compagnie, à flâner dans Condesa et avons eu le bonheur de rencontrer une partie de sa famille. Et maintenant que j’ai fait la connaissance de sa maman, Lydia, je comprends mieux l’aspect solaire de mon ami ! Alors que nous partagions leur repas dominical, nous avons parlé de littérature ( le bouquin de Padura notamment), de politique bien sûr, de Frida et Trotsky, du récent tremblement de terre, de Téquila, de voyage en camion, de la vie quoi… Ce fut bref mais délicieux. Madame Murray, si ses lignes vous parviennent… je vous embrasse affectueusement.
Avec Ale nous avons évoqué Saint-Sever et le restaurant Dèche dise évidemment, les amis dont nous restions sans nouvelle, la famille, et entre temps, nous profitions de notre guide pour les meilleurs tacos, sushis et autres petits déjeuners à Las Margaritas. Pareil : bref et délicieux. Ce doit être de famille…
Deux jours seulement après notre départ pour Oaxaca, j’appelle Ale en urgence ! Amélie a perdu son doudou Rouky à Mexico, ce qui dans sa vie constitue un événement apocalyptique ! Tout s’effondre alors en sanglots déchirants et en plaintes de deuil. Adios Doudou Rouky.

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Notre halte à Oaxaca fut froide, tout comme les derniers jours à Mexico. Heureusement, le propriétaire du parking sur lequel nous bivouaquons, Ciro, nous a accueilli avec un verre de Mezcal purement délicieux. Si je vous dis que Ciro est un ardent militant de la justice sociale et qu’il s’engage entièrement, au niveau local, dans la campagne du candidat Morena, du Partido Trabajadores, équivalent de Podemos en Espagne, si je vous dis que l’image de Macron au Mexique est calibrée entre glamour tout-puissant et jeune génial, et si je rajoute enfin que l’élection présidentielle mexicaine se tiendra en juillet prochain, que les assassinats de pré-candidats ou d’élus locaux font régulièrement la une des journaux, qu’il y a de la mafia politique violente dans l’air électoral, plus pollué encore que celui de la capitale, alors vous conviendrez que nous avions plein de choses à nous raconter. Je lui donnais notamment mon point de vue sur la manière dont le pouvoir médiatique, enfant dévoué du pouvoir financier, nous avait vendu son candidat comme un paquet de lessive, un jeune aux dents longues n’ayant jamais été élu nulle part, ni même délégué de classe, du nom de Macron. Comme prévu, les gens regrettent et dérouillent, comme prévu… jusqu’au prochain. Ainsi, nous avons dégusté du mezcal « à toi à moi » en défaisant le monde puis sommes allés nous coucher avant d’avoir pu le refaire. Il m’a parlé de chez lui et moi de chez moi : Course landaise, canard gras, plage, foie gras, fêtes, confit de canard, cèpes et magret de canard. La Chalosse quoi ! Au réveil, le lendemain, ça caillait vraiment, vraiment. Pas négatif mais pas loin… Alors en croisant Ciro, je lui ai lancé un jovial « Hola Ciro ! Hace un frio de pato ! », soit « Il fait un froid de canard ». J’ai vu à sa tête hagarde qu’il se mélangeait les pinceaux avec les canards gras de la veille et, tout sourire, j’ai laissé tomber. Bref, voilà un mois que nous sommes dans les terres, souvent à près de 2500 mètres d’altitude, et nous avons très envie de retrouver la grosse chaleur, la plage et l’océan Pacifique. Demain nous partons pour Zipolite avec dans le coffre, deux bouteilles du Mezcal de Ciro.

Zipolite est une plage unique en son genre. La plupart des gens dorment dans des hamacs, sous des toits de palme (palapa) installés sur la plage, et la vie se passe là, les pieds dans le sable, à l’ombre ou dans l’eau. En 24 ans, il ne s’est construit qu’une petite rue neuve, un peu commerçante, et deux ou trois hôtels de taille raisonnable. C’est qu’il y a un peu plus de monde! Pour le reste, la plage , les vagues et la buena onda, rien n’a changé.
Nous croisons pour la troisième fois Joao Paolo, brésilien, et Ioanna son épouse roumaine, eux aussi en route vers le sud. Il ne nous faudra qu’une ou deux soirées pour nous apercevoir que l’amour des bonnes choses nous réunit : Le vin, la cuisine et ses piqûres d’Épicure. J’en profite de piquer le titre de mon émission radio préférée sur MDM, « Piqûres d’Épicure », pour remercier chaudement Philippe Caizergues de nous avoir régaler jusqu’au Mexique. Salami ou fromage aux truffes entre autres…
Une semaine plus tard, alors que le désespoir d’Amélie commençait à se propager à toute la famille et à me gonfler passablement, nous reçûmes l’incroyable nouvelle. Ale avait retrouvé Doudou Rouky à Las Margaritas, sa cantine préférée dans Mexico, la veille de son retour en France. Il le ramènera en Gascogne puis le confiera à Boni qui le ramènera à nouveau au Mexique le mois prochain. Quelle aventure pour doudou ! Amélie ne l’en aime que plus, est aux anges, et nous avec.

Iban s’est épuisé quotidiennement dans des vagues de deux mètres, rampes parfaites d’eau de jade, transparentes, et depuis l’ombre de la palapa, dans le hamac ou une bière glacée à la main, nous le voyons, au « pit », là haut, qui s’élance pour la prendre. Certains environnements sont immuables et d’autres évoluent. Demain nous partons pour San Agustin, une des neufs baies du parc national de Huatulco. C’est la vie qui passe, douce à s’en fabriquer de beaux souvenirs.

Il nous a fallu une heure pile pour faire les treize derniers kilomètres de piste jusqu’à San Agustin. Même si vous n’avez pas fait math.sup, vous saurez calculer notre vitesse moyenne sur cette route en tôle ondulée. C’est super chouette … quand ça se termine.
On s’est garé sur le parking du restaurant El Playon, face à l’Océan, et avons négocié la possibilité d’y rester plusieurs jours en utilisant leurs douches et toilettes contre un repas quotidien dans leur commerce. Affaire conclue.
La particularité de cette baie est qu’elle héberge un imposant récif corallien débutant à quelques mètres de la plage. Nous nous équipons de masques, palmes, tubas et partons à la rencontre de cette vie sous-marine magnifique. Nous nageons alors au milieu de milliers de poissons multicolores, de tailles et formes diverses. Amélie se régale de ce spectacle tandis qu’Iban s’aventure un peu plus loin dans l’objectif de rencontrer de plus gros spécimens et l’adrénaline qui va avec. Les enfants et Céline passeront plusieurs heures par jour dans l’eau limpide de la baie en s’émerveillant chaque fois un peu plus. C’est une première expérience de snorkelling et elle est fabuleuse.

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Trois jours plus tard nous mettons le cap vers le Chiapas et faisons une halte près de sa capitale, Tuxla Guttiérrez, pour visiter le canyon du Sumidero. Cette chouette balade en « lancha » (barque à moteur) nous permet de voir des crocodiles, des singes araignées, une multitude d’oiseaux et sans doute le parc naturel protégé le plus pollué de la Terre. Par endroits, on ne voit plus la surface de la rivière sous la couche de déchets flottants. Dommage et triste !

Dans quelques jours, nos amis David et Lulu viendront nous retrouver en terre zapatiste, tout près d’ici, à San Cristobal de las Casas.
Nous y allons, un peu avant le rendez-vous et décidons d’offrir le grand luxe à toute la famille : une semaine à l’hôtel ! Nous y célébrerons les huit ans d’Amélie et les quinze ans d’Iban.

Affaire à suivre…

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4 commentaires

  1. Merci pour ces nouvelles toujours attendues avec impatience! Nous voyageons ainsi un petit peu avec vous. Et c’est si bien raconté!
    Bon anniversaire Amélie!

    1. Moi aussi, Nono, je suis trop contente de te revoir bientôt.Peux-tu faire un bisou de ma part à Safia et à Nino?
      Gros bisous,
      Amélie

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