Le Chili du nord au sud en camping-car

Villarica, Chili, le 23 décembre 2018.

Avec quelques amis et durant les premières années de nos vies d’adultes, nous nous rendions souvent chez nos voisins basques, du nord ou du sud, pour y passer la soirée ou le week-end. Ainsi, assez régulièrement, nous passions la frontière espagnole et allions à Irùn, Hondarribia, Donostia ou Hernani, autant de noms de villes qui aujourd’hui encore m’évoquent cette époque. Dire que nous avions la vingtaine trépidante serait un euphémisme. Nous avions délibérément choisi de vivre frénétiquement ce concept du « ici et maintenant » : tout à fond !
Ayant grandi à l’ombre d’une cité HLM et entouré de copains issus, eux aussi, de familles ouvrières, j’ai rapidement identifié la classe sociale à laquelle j’appartenais comme étant la classe laborieuse. Ça ne voulait pas dire grand-chose pour moi si ce n’est qu’on n’était pas riches et qu’on ne le serait probablement jamais, sauf exception. Ce n’est que plus tard, lors de ces virées en Pays Basque, que j’ai réellement commencé à développer une conscience politique. La situation y était tendue, la nervosité palpable et la méfiance de rigueur. Il régnait dans les bars et dans les rues une perpétuelle ambiance militante qui attisa ma curiosité, mon envie de comprendre. De cette période il me reste une admiration intacte pour ces populations en lutte contre beaucoup plus puissants qu’eux, qu’ils soient palestiniens, tibétains, amazoniens ou de quelque autre endroit du monde.
Aujourd’hui nous sommes en Patagonie, où luttent depuis des siècles les Mapuches.
Alors m’est revenue cette phrase que je lisais sur les murs de la place de Moscù à Irùn et un peu partout en Euskal Herria, cette phrase qui m’a interpellé, qui m’a permis de passer de la question philosophique à la question politique et qui, preuve en est, ne m’a jamais quitté : Insumisioa askatasuna da ! L’insoumission c’est la liberté !
Si je sors du cadre des exemples de luttes territoriales citées précédemment, « l’insoumission c’est la liberté » peut s’étendre à bien des situations et je m’autorise un rapprochement avec la révolte en cours, en France. À l’heure où j’écris ces lignes, posé devant un lac que domine un volcan sublime, à des milliers de kilomètres de mon pays natal, au fin fond de l’Amérique du sud, je dois vous avouer que pour la première fois du voyage je ne me sens plus à ma place. Mes pensées sont tournées vers les ronds-points hexagonaux (ben ouais), vers les Champs Élysées chaque samedi, vers cette révolte portée par ma classe sociale, vers cette lutte que je soutiens comme j’ai toujours soutenu les luttes pour, justement, plus de justice sociale.
Depuis dix-huit mois je suis un étranger et, malgré tous mes efforts de mimétisme, mon accent trahit immanquablement cette différence. Dès que je dis « hello » ou « holà », deux phrases plus loin je dois justifier de ma nationalité et répondre quotidiennement à la question de mon origine. « I’m french » ou « soy francès » est devenu un sampler dans mon mode de communication aux gens que nous rencontrons. Cependant, d’aussi loin que je me souvienne, je crois n’avoir jamais tiré de fierté particulière de ma nationalité car, tout simplement, je n’y suis pour rien. Lors des victoires à la coupe du monde de football par exemple, j’ai ressenti de la joie, oui sans aucun doute, assez intense et surtout furtive, mais jamais de fierté.
En ce moment, et c’est donc un sentiment très nouveau, je suis fier de dire à tous ceux qui me le demandent que je suis français. Je me sens fier parce que durant des années j’ai milité pour ces mêmes causes, défendues en jaune fluo aujourd’hui, et même si souvent nous n’étions pas très nombreux, l’insoumission à l’injustice sociale était notre force motrice commune. Elle l’est encore aujourd’hui, plus forte que jamais, et révèle une conscience de classe qui en termine avec les rêves du super winner. Dans toutes les sociétés, le partage c’est mieux !

Au bout du monde, sur un territoire insoumis parce qu’en lutte, et vice versa, je pense à mes parents, à mes amis, à ce milieu ouvrier dans lequel j’ai grandi. Et je repense à cette phrase taguée dans tout le pays basque de mes vertes années.
Insumisioa askatasuna da !

Pucon, Chili, le 27 décembre 2018.

Dans le nord du Chili, la Ruta 1 déroule interminablement un long ruban d’asphalte devant nous, coincée entre le désert d’Atacama et l’Océan Pacifique. Elle dessine ses courbes délicates à perte de vue et brode un ourlet d’autant plus gracieux qu’il vient souligner une côte déchirée. Sur notre gauche, tout près, la Cordillère des Andes dresse son premier mur, vertical et imposant. Il s’effrite par endroits et s’éboule ou s’effondre en de nombreux autres comme en une irrésistible attirance du minéral vers le marin. Les pierres et les rochers s’amoncellent sur les bas-côtés de la route, poussés là par l’homme pour dégager sa chaussée.
Sur notre droite, la rencontre à néanmoins lieu. Le Grand Océan vient heurter sa houle à la roche comme un burin aquatique, constant, inlassable, violent. Le panorama dans son ensemble me fait penser à un monde en formation, dévasté de séismes, quand les éléments libèrent leur toute puissance dans un combat sans pitié, celui de la nature brute, brutale. On dirait que des géants se sont affrontés ici et ont piétiné des montagnes, faisant de ce bord de mer désertique un chaos monumental.
Le ciel est bleu et l’air brûlant. Il y a quinze jours que nous ne voyons plus d’arbre hors des grandes villes : Arica, Iquique et Antofagasta. Il fait très soif dans le quartier !
Nous garderons en mémoire cette route comme l’une des plus extraordinaires que nous ayons parcourue. Une autre planète.


Mille cinq-cents kilomètres plus au sud, alors que nous nous sommes légèrement éloignés de la côte et que nous roulons en plein désert, une longue et douce descente s’offre à nous. Nous découvrons émerveillés, au loin et en contrebas, une belle bande verte qui croise le gris du bitume. Aucun doute, c’est de la végétation ! Sûrement le lit d’une rivière qui descend des sommets voisins et où subsiste un maigre cours d’eau. Effectivement, à cet endroit la vie se promène, serpent liquide, et de part et d’autre poussent des oliviers. Nous la suivons avec bonheur pendant trente kilomètres jusqu’à Huasco, un adorable village de pêcheurs et d’oléiculteurs niché dans une petite baie. Poisson frais et huile d’olive… on va rester un peu non ?
On y a passé une semaine et avons rencontré Fernando et Monica, un couple de chiliens en vacances, pas retraités mais presque. Ils ont garé leur caravane à côté de Franky, aux pieds du phare, et peu de temps après, la bouille souriante de Fernando s’est plantée dans l’encadrement de la porte. Sa bonne humeur jaillit d’emblée et au prime abord ce petit monsieur a l’air très sympathique. Je décèle dans son regard de gamin soixantenaire autant d’amour que d’espièglerie. La suite me donnera raison et quelques heures plus tard, son épouse nous demandera gentiment de bien vouloir quitter la caravane pour, qu’enfin, elle puisse s’endormir. Il est vrai que dans notre camion Céline et les enfants ronflent depuis un moment mais Fernando n’a pas sommeil et moi non plus. Il reste encore un peu d’excellent whisky dans la bouteille, on va pas laisser ça quand même, hein ? … Kamême !
Alors nous finissons les présentations assis sur le parapet du front de mer, les regards perdus dans la nuit étoilée et loin au large. Ils habitent Vina Del Mar, plus au Sud, juste en face de Valparaiso et se rendent dans le désert pour leur première expédition en caravane. Il est propriétaire d’une petite tabaqueria (bureau de tabac) et laisse de plus en plus volontiers son employée tenir la boutique. Il en a marre. Je vois …
Nous trinquons une dernière fois à notre rencontre et il m’enseigne un joli proverbe chilien pour cette occasion. « A la salud de nuestros hijos ! Que tengan padres ricos… no de dinero, sino de sentimientos ! » « A la santé de nos enfants ! Qu’ils aient des parents riches… non pas d’argent, mais de sentiments ! ».
Les jours suivants nous sommes allés à la pêche et n’avons pris qu’un bon bol d’air. Et puis c’est encore sur le parapet du malecon, le soir, qu’on se trouvait le mieux, qu’on s’asseyait pour d’autres discussions savoureuses devant l’horizon. Fernando est déjà trois fois grand-père mais exprime ses sentiments comme peut le faire un jeune enfant, clairement, innocemment. On s’apprécie, on se le dit, on se prend dans les bras en sachant qu’à partir de demain nous ne serons plus qu’un souvenir l’un pour l’autre. Que te vaya bien amigo.


Alors, comme toujours, nous avons repris notre route vers le Sud et comme souvent, au bord de l’Océan Pacifique, nous régalant de ses poissons et de ses fruits de mer locaux, comme jamais.
Depuis un mois que nous avons mis notre casa rodante (maison roulante) en vente, nous sommes beaucoup sollicités. Le téléphone sonne plusieurs fois par jour ou bien de nombreux curieux le visitent, se renseignent sur le moteur, l’année, le kilométrage, et bien sûr sa valeur. Si tous s’accordent à dire que ça leur semble être un juste prix, la taxe d’importation d’un véhicule européen de 29% dont devrait s’acquitter l’acquéreur, en revanche, les refroidit aussitôt. Nous comprenons rapidement qu’il y a de grandes chances pour que nous le ramenions avec nous. Ça nous convient aussi et même nous réjouit en ce sens que ce n’est pas juste un camion ou un camping-car. C’est notre toit depuis dix-huit mois, notre adresse, le lieu où nous nous sentons en sécurité, où nous dormons, où nous avons nos repères, notre nourriture, notre chaleur. C’est la maison d’une période tellement heureuse de notre vie que nous pourrions éprouver sa vente comme un indigne abandon. Ça peut paraître stupide de s’attacher à du matériel, mais parfois, c’est bien connu, le cœur a ses raisons que la raison s’en contre-fout ! On t’aime Franky !


Nous repartons de Huasco en direction du Sud, encore et toujours, et des stations balnéaires prisées des chiliens. Alors que nous empruntons la ruta 5, l’artère principale du pays, nous sentons un courant d’air inhabituel dans l’habitacle et quelques minutes plus tard Iban nous alerte depuis son lit, à l’arrière du camion. La fenêtre latérale droite s’est envolée, laissant un trou béant à côté du lit d’Amélie. Elle était endommagée depuis quelques mois et notre fille avait pour consigne stricte de ne plus l’ouvrir, ce qui ne fut jamais vraiment respecté malgré nos nombreuses remontrances. Cette fois, elle se fait copieusement engueuler car non seulement elle l’avait ouverte mais surtout ne l’avait pas refermée avant le départ, la laissant, déjà fragilisée, en prise à la vitesse et au vent. La sanction tombe : punie, elle fera la vaisselle jusqu’à nouvel ordre. Elle a les boules et en même temps se sent soulagée par cette punition qui fait office de réparation. Elle l’accepte certes mais mise déjà sur du court terme : « Papa, jusqu’à nouvel ordre ça veut dire combien de repas ? ».
Nous nous garons alors dans une station service pour réfléchir à une solution. Les camping-cars sont rares en Amérique du sud et les concessionnaires quasi inexistants ce qui signifie que son remplacement par un modèle équivalent s’avère muy complicado. Quant à commander la fenêtre en Europe pour ensuite se la faire envoyer au Chili… laisse tomber ! Nous envisageons alors de fixer une plaque en bois ou en plexiglas pour parer au plus urgent, c’est à dire le vol, le froid nocturne et la pluie qui tôt ou tard nous surprendra. Enfin, après une paire d’heures de remue méninges, j’envoie un message à Fernando qui devrait bientôt être de retour chez lui, à Vina del Mar, et en pensant qu’il connaîtra peut être un spécialiste de la chose. Après tout il possède une caravane… alors pourquoi pas ?
Le lendemain, la réponse est à son image, positive et bienveillante. Il nous attend chez lui et a déjà contacté un atelier de pare-brises et fenêtres qui pourrait nous sortir d’affaire à moindre frais.
Nous nous retrouvons à Vina Del Mar, sommes bienheureux de nous revoir déjà et calons un rendez-vous pour le lendemain matin avec le vitrier qui me propose la pose d’une vitre sur mesure. Elle sera collée et inamovible jusqu’à ce que, une fois rentrés en France, nous la remplacions par la fenêtre d’origine. Tope là !
Ensuite nous allons garer Franky quelques rues plus loin, juste en face de l’immeuble plutôt chic où vivent Fernando et Monica. Céline se met à faire des crêpes réclamées par les enfants, dans le camion, et quant à moi je me laisse inviter de bon cœur à boire une bière chez Fernando.
L’appartement est perché au treizième et dernier étage. Je découvre un logement spacieux et coquet et nous nous installons dans la véranda qui offre une vue magnifique sur la ville et au delà, sur l’Océan. Une heure plus tard, peut être deux, j’envoie un message à Iban pour lui dire que je ne mangerai pas avec eux ce soir, qu’ils ne m’attendent pas. Quand Monica arrive, encore un peu plus tard, elle nous trouve toujours attablés dans la véranda et forts joyeux. Il n’y a plus de bières et nous avons cassé une petite croûte arrosée d’un excellent vin chilien. Nous voilà désormais tous deux à l’étape du digestif. En nous apercevant elle sourit et se contente d’un « houlala ! » qui en dit beaucoup en seulement sept lettres. Elle m’embrasse amicalement et part se coucher immédiatement après.
Le dijo, c’était une merveille de Téquila ! Je pensais avoir goûté ce qui se faisait de mieux en traversant le Mexique, et bien peut- être pas ! Le triste étant tout de même que j’ai complètement oublié son nom.
Ce soir là nous avons raconté à tour de rôle un peu plus de nos parcours, de nos vies aventureuses. Fernando a fui la dictature en 1976, sans argent, avec Monica et leur fille alors âgée de trois ans. Ils ont traversé de nombreux pays dont le Guatemala et le Mexique clandestinement pour enfin atteindre celui de tous les possibles : Estados Unidos. Ne parlant pas un mot d’anglais, ils ont finalement pris un vol pour l’Espagne, un an plus tard, en compagnie de deux amis argentins. Après trois années passées sur les routes des deux Amériques les voilà donc en Europe. Là, le trio latinos forme une équipe de spécialistes et entame une carrière à hauts risques : voleurs de banques et cambrioleurs de riches.
Cette vie hors les lois durera cinq ans et s’achèvera en prison. Période durant laquelle Monica et les enfants n’ont manqué de rien, tient il a préciser, si ce n’est de sa présence. A sa libération, ils partent en Argentine où, avec le reste de ses « économies », il ouvre un premier commerce de tabac. Quand la dictature prend fin au Chili, il rentre au pays et s’installe à nouveau comme buraliste, commerce qu’il possède encore aujourd’hui.
Il m’avoue ne pas avoir les moyens de regretter quoi que ce soit de sa vie. Issu d’une famille très modeste, sans diplôme, il a surtout subi un exil compliqué et fait ce qu’il a pu pour subvenir aux besoins de sa famille. De la délinquance de survie en quelque sorte. Voilà trente ans maintenant qu’il n’a plus volé un carambar…
Il est quatre heures du matin quand je rejoins le camion et me couche le plus silencieusement possible ce qui, en de pareilles circonstances revient à réveiller tout le monde quand même. C’est petit un camping-car en fait ! On a vite fait de se cogner aux murs.
Cinq heures plus tard je suis au rendez-vous chez le vitrier et là, comme ça au réveil, je dois avoir une tronche moyen-fraîche, du genre à choisir des vitres teintées. Mais je m’en fous ! Nous allons avoir une fenêtre magnifique et surtout, j’ai encore une fois adoré la soirée passée en compagnie de ce drôle de petit monsieur avec un grand cœur, un sacré bonhomme en vérité. Une nouvelle fois les adieux sont sincères et affectueux. Nos veremos otra vez Chico Lico, quizàs.

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Quelques jours plus tard nous sommes à Pichilemu, un autre haut lieu du surf chilien.
Le bivouac est très sympa, sur un parking qui surplombe l’Océan et Iban en profite pour faire réparer sa planche, bien abîmée par les rochers lors de la dernière session. En attendant, il en loue une dans une école de surf voisine et va se défouler dans les vagues trois jours durant. À ce sujet, un constat s’impose, quelque peu cynique : depuis le début du voyage, quand Iban surfe, ça fait du bien à tout le monde.
En dépit de cette observation nous repartons dès que sa planche est réparée. Nous voulons descendre jusqu’en Patagonie chilienne pour y passer les fêtes de fin d’année et entrer en Argentine en suivant.
Ainsi, après deux nuits passées dans les stations services COPEC de la ruta 5 ( douches impeccables, toilettes idem, wifi, resto, et surtout machines à laver le linge) nous arrivons à Villarica, dans la région des lacs et des volcans. Ce soir là, Iban est soucieux. Il cherche son passeport et ne le trouve pas. Il me fait part de ses inquiétudes et nous pensons immédiatement à la dernière fois qu’il l’a utilisé, à Pichilemu, pour la location de la planche de surf. Vue l’heure tardive (les filles dorment déjà), je lui réponds que nous chercherons et réfléchirons plus efficacement après une nuit de sommeil. Mais quand même, ça me saoule cette histoire, Pichilemu est à huit cents bornes au nord, on vient de faire la route en trois étapes et je m’endors plutôt péniblement à la seule idée de devoir rebrousser chemin. Pour retrouver ce foutu passeport, j’aurais pu tenter une prière à Saint Antoine de Padoue ou carrément au bon dieu, directement, mais vraiment c’est pas mon truc. Je ne trouve pas la démarche tellement stupide d’ailleurs, sait on jamais et place au doute en quelque sorte car après tout ça ne coûte rien d’essayer. Mais non, c’est juste que prier, ça ne me vient pas à l’esprit, même pas au moment du coucher. Je n’y pense pas, et tout simplement peut-être, parce qu’au fond je n’y crois pas.
En revanche, ce qui est sûr et certain c’est qu’en conjuguant nos efforts, le lendemain nous savions que le passeport avait bien été oublié dans l’école de surf. Ce fut un vrai soulagement car en cas de perte, il aurait fallut aller à Santiago, à l’ambassade, pendant les fêtes, etc… une galère sans nom. Lors de notre passage à Pichilemu, j’avais lié connaissance avec quelques locaux dont Nicolas qui m’avait laissé son numéro de portable, au cas où… Quand il me répond, il se trouve avec un de ses amis, Marcello, qui fait justement partie de l’école de surf. Il nous confirme que le passeport d’Iban est bien resté là-bas et je prends son numéro. Deux heures plus tard et après avoir évoqué plusieurs possibilités, nous retenons celle qui nous paraît la moins fastidieuse et la moins onéreuse, à savoir un envoi par la poste. Il y a un consulat français à Osorno prêt à réceptionner notre courrier en express. Le truc c’est que Marcello, lui, n’était pas du tout en mode express et du genre à dire toujours oui mais en fait … non. Une grosse semaine plus tard, et à force de messages échangés, à peine avais-je pu joindre son patron que ce dernier nous l’expédia en moins de vingt-quatre heures.
Durant ces journées d’attente nous nous sommes baladés dans la région des lacs et des volcans, sublime, verdoyante et fleurie : un paysage de dessin animé. C’est le début de l’été dans ce sud chilien. C’est aussi la fin de l’asphalte et le commencement d’une longue piste qui mène en Terre de Feu, la Carreterra Austral.

Nous avons choisi le parking de l’embarcadère de Pargua, en face de l’île de Chiloé, pour fêter le nouvel an en famille mais aussi parce que nous avions à cœur de saluer une dernière fois celui qui nous a tellement accompagné depuis un an et demi : l’Océan Pacifique !
Là, juste devant nous, les petits traversiers « Cruz del Sur » embarquent quatre ou cinq véhicules pour autant de passagers. Ils les débarqueront sur l’île quinze ou vingt minutes après. Leur ballet nautique tout en lenteur durera jusqu’à la tombée de la nuit.
Quand minuit sonne nous nous souhaitons le meilleur et nos vœux ont une résonance particulière cette année. Ils portent en eux une étape cruciale de notre périple, celle du retour en France.

Il est désormais temps de quitter le Chili pour rejoindre l’Argentine, un pays dans lequel j’ai vécu une folle aventure cycliste il y a vingt ans et où je m’étais promis de revenir. Nous continuerons encore un peu vers le Sud puis rejoindrons l’Atlantlique.
Vamos !

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